La sélection 2011-2012 est :
Xavier le jeune judoka, Charlène la belle voyageuse, Borloz le motard pornographe. Points communs: auteurs de romans de gare, apparemment aussi contents de leur vie que sans arrière-pensées.
Or, les voici précipités dans l'"Escapade" de Francophones sans frontières, qui cette année-ci invite la fine fleur des écrivains de Suisse romande, parmi lesquels le fameux Pierre Montavon, apôtre de l'écriture "sacrée" et papable sérieux pour le Prix Nobel. Ce qui devait être une villégiature se transforme en poudrière. Les "pitres" n'ont pas leur place dans cette cour-là. Ils s'incrustent, pourtant. "Après tout, écrire, lire, pourquoi faudrait-il que ce soit réservé?" Ce n'est peut-être pas réservé, mais certes jamais innocent...
Douze individus nous racontent, sur le vif, un moment capital de leur existence, une histoire qui les hante. Une fois réunis, ces récits forment ensemble un parcours tendu: de la naissance des anges à la fin des histoires. Dans cet univers poétique singulier, les conteurs se succèdent et les anges passent. Les histoires vécues se mêlent à celles qu'on raconte, à celles qu'on se raconte, à celles qu'on meurt d'entendre... Et si, un jour, la source venait à se tarir?
"Octobre j'ai quitté ma maison, je me suis mis en route". Cet automne-là, l'auteur va de l'Ain à l'Aquitaine avec un but rejoindre une autre maison et un projet, celui de voir la forêt.
A cinquante ans, Claude voit dans la maladie qui le frappe une alliée pour s'évader d'un monde en feu pour lequel il a un jour renoncé à se battre. Mais il y a Gaël, ce fils de onze ans qu'il s'est décidé trop tard à rencontrer, Jovana dont la belle énergie revient le hanter, et sa femme Simone, spectatrice lucide et glacée face aux tourments d'un homme qu'elle aime encore.
A vingt-cinq ans, il mène une vie simple : des collègues d'usine avec qui faire la fête le samedi soir, des aventures amoureuses sans lendemain et surtout une passion : la chasse et l'amour de la nature. Son existence paisible bascule le jour où il trouve sous les arbres un homme mort avec à ses côtés un carnet aux écrits sibyllins. Obsédé par cette découverte, le jeune homme part sur les routes à la recherche du passé de celui qui a choisi de venir mourir dans sa forêt...
"J'irai vers toutes mes Indes, je mettrai mon pas dans ceux de ma jeunesse. Je retourne, Otilia, même si la terre que je cherche m'est désormais inconnue. J'irai à Castelo Branco, vers mon enfance. La route est ce lieu de mon àme où elle obtient le repos, je la ferai en paix..."
Fouillant des existences hétéroclites, à l'affût du micro-drame ou du flagrant délit de situation comique, le regard tout à coup s'arrête ; brûle-pourpoint familial ou amoureux, révélation de l'échec, de la perte, secondes de déchirure ou de réconciliation, expérience intense de la création ou de la réception artistique... Réunis en série, ces vingt-cinq récits allient l'impact du gros plan à la brièveté de l'éclair, précipitant leur lecteur dans une vision-kaléidoscope de notre condition.
Les Chroniques de l'Occident nomade sont des textes courts, qui résultent de plusieurs voyages faits en Europe, en Inde, en Australie, en Syrie ou au Burkina Faso. Mais la mémoire ne présente pas ces voyages de manière linéaire; elle rapproche certains instants séparés par plusieurs années et par plusieurs milliers de kilomètres, elle mêle les voyages entre eux, y ajoute des rencontres, des réflexions, des critiques.
A l'ombre des hauts fourneaux éteints brille une veilleuse devant la maison de la famille Chagrin. Le souffle du commissionnaire menace de l'éteindre à tout moment, si les traites ne sont pas honorées. La spirale des commandements de payer entraîne Nathanaël, le père, à travailler vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; la mère, Rose Chagrin née Chance, à entamer une cure de vitamines ; les enfants, Yapaklou et Zibeline, à cacher leurs jouets dans un distributeur de frites ; Séraphin, probablement le grand-père, à partir à la recherche de l'Homme noir ; Philanthropie, à absorber des tranches de schnitz sous l'oeil bienveillant de ses deux anges gardiens. Et dans la nuit oû s'éteignent chaque soir des dizaines de veilleuses, les tours de verre, qui dominent orgueilleusement la ville, regardent croître leur patrimoine.